Mauritanie: Justice et imputabilité contre le crime et l’impunité

US-Mauritanian Diaspora – A l’instar de toutes les organisations Mauritaniennes au niveau national et dans la Diaspora, Muritanie Min Njejitta avec l’appui de US-Mauritanian Diaspora a organisé une cérémonie pour honorer la MÉMOIRE des Martyrs du 28 Novembre au siège des Nations Unis à New York.

Les organisateurs ont adressé une lettre signée par Madame Aissata Niang, Présidente de Muritanie Min Njejitta au Secrétaire Général des Nations Unies. Ils ont également dénoncé le traitement inhumain que le gouvernement a infligé à l’honorable Biram Dah Abeid qui souffrait de malaise cardiaque en prison où il est illégalement détenu.

La cérémonie a été couverte par la Voix de l’Amérique que nous remercions vivement.

New York, le 28 novembre 2018

À Son Excellence M. António Guterres

Secrétaire général des Nations Unies

Siège des Nations-Unis

New York, NY 10017

USA

Objet: Mauritanie: Justice et imputabilité contre le crime et l’impunité

Monsieur le Secrétaire général Guterres,

Nous vous écrivons avec une profonde préoccupation pour attirer respectueusement votre haute attention sur les exécutions extrajudiciaires des Mauritaniens Noirs perpétrées pour des motifs racistes entre 1989 et 1991. Malgré les efforts inlassables des veuves, des orphelins et des mères des victimes, leur appel persistant à la justice est ignoré par les gouvernements mauritaniens successifs.

Au cours des années 1990, le gouvernement a arrêté et assassiné (en détention) plus de 500 officiers noirs en raison de la couleur de leur peau. Cette action sinistre bien planifiée a eu lieu à travers le pays, notamment à Azlat, Jreida, Aleg, Inal, Nouadhibou et Nouakchott. Pour soit disant glorifier la fête de l’indépendance nationale, célébrée le 28 novembre, 28 officiers et soldats noirs furent choisis au hasard et pendus le 28 novembre 1990 à Inal.

Pour ajouter l’insulte à ces crimes abominables, le gouvernement a fait adopter en 1993 une loi amnistie scélérate pour protéger les auteurs de ces crimes de toute poursuite judiciaire. Jusqu’à présent, le gouvernement continue à opposer une fin de non recevoir aux demandes légitimes des orphelins et des veuves pour que justice leur soit rendue.

Les familles n’ont aucune information sur les lieux où les victimes sont enterrées. Comme l’exige l’Islam, les membres de la famille doivent organiser une sépulture décente pour leurs proches. Mais ils ne peuvent pas le faire sans les restes des victimes. Malheureusement, leur demande de justice s’est toujours heurtée à la répression et au harcèlement des forces de sécurité.

En réaction à cette tragédie, depuis le 28 novembre 1990, le jour de l’indépendance nationale est devenu une journée de larmes et de sombres souvenirs pour les Mauritaniens Noirs. Au lieu de célébrer l’indépendance, nous organisons une cérémonie de prières et de commémoration pour honorer leur Mémoire et renouveler notre demande de justice.

Alors que nous pleurons nos proches sur la place Dag Hammarskjöld, en faisant face à votre illustre bureau, nous vous demandons d’utiliser tous les pouvoirs diplomatiques et institutionnels à votre disposition pour aider les veuves et les orphelins de Mauritanie à obtenir justice pour leurs proches. Cela est d’autant plus critique que la Mauritanie est partie à la Convention internationale sur les personnes disparues de force qui oblige les États à enquêter sur les cas de disparition forcée.

En plus, le protocole de Minnesota sur la mort potentiellement illégale stipule sans équivoque que les membres de la famille des victimes de mort potentiellement illégale ont le droit de demander justice en leur nom.

La toute première étape devrait être l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 qui met les auteurs de ces crimes à l’abri de toute poursuite. Ensuite, afin de garantir la responsabilité et la transparence, nous demandons la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur cette page sombre de l’histoire de notre pays. Par la même occasion nous exhortons la nouvelle Assemblée Nationale qui vient qui a ouvert sa première session le Lundi 08, Octobre 2018 de répondre à l’ appel de justice des veuves et orphelins des victimes en une loi mettant fin à la loi l’amnistie de 1993.

Outre la lettre, vous trouverez ci-joint une lettre adressée aux chefs d’États et de gouvernements réunis au sommet de l’Union africaine à Nouakchott (Mauritanie) le 30 juin 2018, pour attirer leur attention sur la situation potentiellement explosive des droits humains, et la liste des victimes documentée par Amnistie Internationale.

Dans l’attente d’une suite favorable, veuillez agréer l’expression de notre profonde gratitude.

Salutations respectueuses,

A. N.

Mme Aissata Niang, Présidente Muritanie Min Njejitta/ US-Mauritanian Diaspora